• Vincent

Picasso et Toulouse-Lautrec en duel à Madrid


Picasso/Lautrec

17.10 > 21.01

Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

Quand même... la confrontation ! Deux artistes majeurs de la modernité : Pablo Picasso et Henri de Toulouse-Lautrec, dans les bas-fonds de Paris. On savait que l'un s'était servi chez l'autre, mais jusqu'à présent, jamais exposition n'avait été consacrée aux liens entre les deux monstres de la modernité montmartroise. Une audacieuse mise en perspective des œuvres de deux de nos plus grands peintres.

La littérature et la critique les ont souvent associés, jamais une exposition n’avait véritablement confronté les deux maîtres de l’art moderne. À travers plus d’une centaine d’œuvres, groupées autour de leurs marottes – les portraits caricaturés ; la vie nocturne dans les cafés, cabarets et théâtres ; les marginaux ; le cirque ; l’univers érotique des maisons closes – l’exposition postule que le dialogue de Picasso avec Lautrec, avec ses influences et ses coïncidences, n’est pas limité aux premiers travaux du peintre espagnol mais s’étend sur toute sa production, jusqu’aux œuvres de la maturité.

La carrière artistique de Toulouse-Lautrec court sur quinze ans, celle de Picasso s'étend sur sept décennies. Les deux ont eu du génie, se sont sentis attirés par Paris dans leur jeunesse, et ont rejeté le legs académique imposé. Tous deux se sont inspirés d'Ingres, de Degas, du Greco. Et nourrissent une affection particulière pour le trait rapide et la caricature. Le dessin est la clef de leur langage.

Picasso, ce grand ogre, n’a fait que quelques bouchées de son fragile prédécesseur, qu'il n'a jamais rencontré. L'Espagnol arrive affamé à Paris en 1900; Toulouse-Lautrec se meurt d'alcool et de syphilis. Le jeune Pablo va immédiatement s'emparer des cadrages violents et efficaces de l’affichiste, de ses couleurs vives et des femmes caricaturées et peinturlurées sous la lumière crue des bordels.

Les affinités entre ces deux amoureux de la vie nocturne sautent aux yeux. L'œuvre radical de Lautrec, sa manière de percevoir la modernité, ont eu un impact déterminant sur le jeune Picasso. À travers lui, il a découvert la diversité de la société moderne qui conditionnera sa manière d'envisager l'art.

Lautrec n'est pas le seul, bien sûr, que Picasso ait piraté. Il doit aussi pas mal à Van Gogh, Degas, Steinlen, Vuillard… Mais Lautrec est sa référnce principale. Peut-être parce que comme lui il aimait épier le spectacle scandaleux des corps, en sorte de voyeur moderne. Lautrec sans doute à son insu, Picasso avec calcul, dans la pose du héros de la bohème, de l'"analyste d'une époque de pourriture" que Lautrec avait laissée vacante.

Picasso a-t-il suivi les traces de Lautrec dans le Montmartre marginal et décadent de la nuit ? Le goût des bordels était précoce, on le dit. Mais il se peut aussi que les plaisirs interlopes aient été dictés par une vision esthétique. Un tourisme artistique dans le Lumpen.

Picasso/Lautrec

17.10 > 21.01

Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

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