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Chagall ::: La madone du village ::: Thyssen-Bornemisza

Chagall ::: La madone du village ::: Thyssen-Bornemisza

Marc Chagall ::: La madone du village ::: 1938-1942 ::: huile sur toile ::: Museo Thyssen-Bornemisza Entourée d'anges musiciens accompagnés d'une vache volante qui joue du violon, près d'un petit village, Marie, monumentale, habillée en mariée, mère de l'Enfant Jésus, vedette féminine de l'iconographie chrétienne, est heureuse, son fils dans les bras. Elle est la mère universelle. Pendant les années de l'holocauste juif, Chagall, juif de Russie immigré en #France en 1911, a peint de nombreuses scènes religieuses de la tradition chrétienne (rompant avec la tradition juive qui interdit de représenter les divinités). Il entame cette vierge à Paris, en 1938; il la terminera en 1942, à New York, après en avoir repeint plusieurs zones. Contemporain des constructivistes russes, il leur échappe en développant un langage très coloré, poétique et aux formes peu définies. En France, il fréquente l’avant-garde et entretient des amitiés avec Robert Delaunay et Fernand Léger. Il anticipe le Surréalisme à travers ses peintures narratives et fantastiques. Il assiste à la fin du fauvisme, qui lui inspirera la couleur pure, gaie et claire, et à la naissance du cubisme dont il gardera une certaine déconstruction de l’objet. Son œuvre présente aussi des caractéristiques du néo-primitivisme. Inspiré par la tradition juive et le folklore russe, il élabore une iconographie très personnelle autour de figures récurrentes : le violoniste, l'acrobate, le Christ, les amoureux, la vache, etc. La richesse poétique, le merveilleux de son œuvre lui valent de prestigieuses commandes : décoration de l'Opéra de Paris, du siège new-yorkais de l'ONU, du Parlement israélien... #chefdœuvres #musées

Goya ::: El Tres de Mayo ::: Prado

Goya ::: El Tres de Mayo ::: Prado

El Tres de Mayo ::: 1814 ::: Francisco de Goya ::: Museo Nacional del Pradoà #Madrid ::: huile sur toile, 2,66m x 3,45m
Une des œuvres les plus connues de Goya, bouleversante et sublime. Le peintre nous parle de l'exécution de 43 patriotes espagnols tombés aux mains de l'armée française, à Madrid, dans la nuit du 3 mai 1808.
Le peloton d'exécution (des soldats français) tourne le dos au spectateur. Les visages invisibles d'une machine à tuer, qui contrastent avec les regards apeurés des condamnés. Le personnage central, les bras en croix, est littéralement illuminé. La blancheur de sa chemise explose dans la toile, comme la marque de l'innocence. Son attitude face à la mort en fait un martyr à l'image du Christ. Un personnage à la dimension sacrée, symbole de la résistance espagnole. En arrière-plan, on devine un palais, sans éclat : l'Espagne est dans le noir. Le ciel sombre souligne la gravité des événements. Le calme du pays contraste avec la violence de l'action.
Ce magnifique tableau marque une rupture avec le néo-classicisme. Les héros ne sont ni tirés de la mythologie, ni célèbres : ils sont anonymes et désarmés, mais leurs attitudes, leurs visages sont emplis d'humanité, tourmentés... Goya exalte leur courage et nous montre leur désespoir.

Avec cette œuvre d'une grande intensité dramatique et d'une grande portée historique, Goya rend un hommage au sentiment national espagnol, et annonce le romantisme. #musées #chefdœuvres

Francis Picabia ::: L’espagnole ::: Musée Reina Sofía

Francis Picabia ::: L’espagnole ::: Musée Reina Sofía

Francis Picabia ::: L’espagnole ::: 1917-1920 ::: aquarelle et crayon sur papier, 25x22cm ::: Museo Reina Sofía, Madrid "Je trouve qu’il en faut pour tous les goûts. Il y a des gens qui n’aiment pas les machines : je leur propose des Espagnoles. S’ils n’aimaient pas les Espagnoles, je leur ferais des Françaises... Oui, je fais la peinture pour la vendre. Et je suis étonné que ce soit ce que j’aime le mieux qui se vende le moins." Ses Espagnoles bien-aimées, on les retrouvera à toutes les étapes de sa carrière, sous des formes changeantes... Le peintre de toutes les métamorphoses n'a pas rejoint les rangs du classicisme, comme nombre de ses amis artistes le feront, plus ou moins, après la déflagration de 1914-1918. Au contraire, il le dénonce dans une certaine dérision. Sa démarche dadaïste s’inscrit dans une réflexion globale sur la finalité de la peinture, et de l’art en général. Le voici aux prises avec les archétypes de l'Espagne, qu'il découvre lors d'une voyage à Séville. (Picabia n'est pas espagnol, mais franco-cubain.) Ce seront des Espagnoles drôles, à bien les observer, avec leurs accessoires de pacotille, quasi travesties. Mais ce seront des Espagnoles avec citations, emprunts : les lignes claires, l’ovale du visage, le cou ondoyant, les yeux en amande... sont bien du maître du néo-classicisme : Jean-Auguste-Dominique Ingres. Picabia est une figure majeure du mouvement Dada, avec Marcel Duchamp. Il a aussi passé pas mal de temps avec l'Impressionnisme, le Cubisme, le Surréalisme. Un artiste moderne qui fut de tous les bouleversements de la peinture du siècle passé. #chefdœuvres

Autoportrait aux gants ::: Albrecht Dürer ::: Prado

Autoportrait aux gants ::: Albrecht Dürer ::: Prado

Edward Hopper ::: Hotel Room ::: Thyssen-Bornemisza

Edward Hopper ::: Hotel Room ::: Thyssen-Bornemisza

Edward Hopper ::: Hotel Room ::: 1931 ::: huile sur toi, 152.4 x 165.7 cm ::: Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid Hopper incarne pour nous une certaine image de l’Amérique, il est pourtant le plus français des peintres américains. Edward Hopper a fait trois séjours en France entre 1906 et 1910. Il voue une véritable passion à Paris, qu'il considère comme la ville la plus harmonieuse du monde. Il apprend le français, aime la poésie symboliste et récite Verlaine et Rimbaud. Et il découvre la peinture moderne parisienne, s'intéresse à Daumier, Courbet, Degas, Gauguin, VanGogh. Les impressionnistes auront une influence majeure sur toute sa peinture. Dans cette chambre d'hôtel, comme dans la plupart de ses tableaux, le sujet, c'est la solitude et l'absence, le silence et l'attente. Ici, une femme assise au bord d'un lit, dans une chambre anonyme. C'est la nuit, elle paraît fatiguée, noyée dans ses pensées, ou dans l'indicateur des chemins de fer. Dans les années 20, Hopper s'est imposé comme le chef de file des peintres du réalisme américain. Il affirmait la nécessité d'élaborer un langage artistique américain propre et de se libérer de la dépendance à la peinture européenne. Influencé par le cinéma, il va en reprendre certains codes, et se plonger dans un travail de précision, quasi photographique, sur les villes et les paysages américains. Il dressera un portrait de la classe moyenne, laborieuse, authentique, solitaire, et peindra des villes désincarnées. En 1933, le MoMA (NewYork) lui consacre une exposition. En incarnant l'isolement et la solitude du désert urbain, Hopper est devenu le plus illustre des peintres américains de l'entre-deux-guerres. #chefdœuvres #musées

Pablo Picasso ::: Femme assise accoudée ::: Musée Reina Sofía

Pablo Picasso ::: Femme assise accoudée ::: Musée Reina Sofía

Pablo Picasso ::: Femme assise accoudée ::: 1939 ::: huile sur toile, 92x73cm ::: Museo Reina Sofía Ce portrait est le dernier d'un ensemble de quatre portraits de Marie-Thérèse Walter, que Picasso a exécutés entre le 31 décembre 1938 et le 7 janvier 1939. Les quatre ont le même thème : une femme assise, appuyés sur le bras droit. Les visages sont très semblables, distorsion cubiste comprise. Picasso, qui n'était pas le plus grand coloriste du monde - ce qui ne l'empêche en rien d'être un des plus grand peintres du monde -, fait ici un travail sur les couleurs, et ce dernier tableau porte la couleur au rang de protagoniste principal de l'œuvre. Avec Marie-Thérèse, sa compagne d'alors, Picasso nous offre la vision, rare chez lui, d'une femme qui dégage une grande sérénité. Des lignes douces et tout en rondeur, au contraire d'autres portraits anguleux, cassés... Cette série de portraits est relativement connue, mais Picasso a produit plus de cent mille œuvres dont 8000 peintures, 1500 sculptures, 4000 céramiques, 30.000 dessins, 342 tapisseries, 150 carnets de croquis et 30.000 estampes (gravures, lithographies, etc.). Ce qui fait qu'aujourd'hui, on peut trouver un "petit" Picasso dans une vente, pour 5 à 6 mille euros déjà... #chefdœuvres

Moisés de Huerta ::: Le saut de Léucade ::: La Pecera del Círculo de Bellas Artes

Moisés de Huerta ::: Le saut de Léucade ::: La Pecera del Círculo de Bellas Artes

Ramón Casas i Carbó ::: Garrot ::: Musée Reina Sofía

Ramón Casas i Carbó ::: Garrot ::: Musée Reina Sofía

Ramón Casas i Carbó ::: Garrot ::: 1894 ::: huile sur toile, 127x166cm ::: Museo Reina Sofía, Madrid Peintre et illustrateur, célèbre en Espagne pour ses portraits et ses affiches publicitaires, Ramón Casas i Carbó compte parmi les plus grands représentants du Modernisme catalan. Dans les années 1880, Ramón Casas s'était essayé à des scènes de foules, notamment autour des arènes de Madrid. Entre 1832 et 1974, le garrot, un étranglement exécuté à l'aide d'un lacet, fut le seul moyen par lequel on infligeait la peine de mort en Espagne. Les exécutions, particulièrement pénibles, donnaient lieu à des rassemblements sordides... C'est de cela qu'il est question dans ce magnifique tableau. Nous sommes à Barcelone en 1893. Casas nous épargne les détails morbides et se concentre sur la mise en scène, la scénographie même de l'acte. Une composition et un traitement quasi documentaire sur la foule, étudiée dans le détail, d'un point de vue qui surplombe la place. On voit au loin la Barcelone de la Révolution industrielle en marche alors que l'Église se couvre de capirotes noires, aux premières loges. Entre l'accusé et la foule, Casas laisse un espace vide, comme pour amplifier la tension dramatique de la terrible scène. Ramón Casas est quasi inconnu hors de la sphère hispanique, impossible de trouver un ouvrage sur Casas en français ou en anglais. Il est pourtant LE grand artiste catalan du tournant du siècle, figure de proue du #modernisme, à l’origine du cabaret El Quatre Gats, lieu de rencontre d'une génération de peintres novateurs, dont le jeune Picasso. Son style a évolué du post-impressionisme, influencé par des peintres comme Manet ou Degas, à un réalisme résolu. #chefdœuvres

Diego Velázquez ::: Don Sebastián de Morra ::: Museo Nacional del Prado

Diego Velázquez ::: Don Sebastián de Morra ::: Museo Nacional del Prado

Le Gentilhomme à la main sur la poitrine ::: El Greco ::: Museo Nacional del Prado

Le Gentilhomme à la main sur la poitrine ::: El Greco ::: Museo Nacional del Prado

Le Gentilhomme à la main sur la poitrine ::: El Greco ::: vers 1580, huile sur toile, 81x66cm, Museo Nacional del Prado, Madrid C'est une des œuvres les plus connues du Greco et c'est aussi un des tops de la Renaissance. Le monsieur est vêtu à la mode des seventies du 16° siècle espagnol : collerette blanche bien serrée et pourpoint moulant. Ça situe. Pourtant, on a longtemps ignoré l’identité du modèle, avant de s'accorder sur le marquis de Montemayor (chef militaire de l’Alcazar de Tolède) et puis sur Miguel de Cervantes. On a aussi pensé à un autoportrait et à Antonio Pérez, secrétaire de FelipeII. Allez savoir... En tout cas, l'épée au pommeau d'or et la médaille (à moitié dissimulée par le corsage) sont des codes dans la représentation des nobles au siècle d'or. Ajoutez à cela le geste solennel de la main et le regard dirigé vers le spectateur et vous avez toute la littérature pour faire de cette brillante effigie l'archétype du noble castillan et aussi du "caractère espagnol" : homme d'honneur, chrétien, mélancolique et sobre... Le tableau du Greco, outre qu'il est un exemple virtuose de l'art du portrait de l'époque, excelle dans la mise en scène de la tension entre ce que montre et ce que cache le personnage. Et le doute plane sur l'artiste lui-même, entouré de mystère et de légende. Il n’existerait aucun document certain concernant sa naissance, en dehors des actes et documents de Tolède, qui le donnent comme né en Crète en 1541. El Greco, d’abord peintre d’icônes, est devenu le premier grand peintre espagnol. Ses influences byzantines, arabes et vénitiennes (la Crête, donc), sa liberté d’expression, une spiritualité élevée et sa technique picturale en font un des représentants les plus brillants et les plus originaux du courant maniériste. #chefdœuvres

Jérôme Bosch ::: Le Jardin des délices ::: Prado

Jérôme Bosch ::: Le Jardin des délices ::: Prado

Jérôme Bosch ::: Le Jardin des délices ::: 1503-1504 ::: huile sur panneau de bois, 220x195cm ::: Museo Nacional del Prado, #Madrid Voici un triptyque d’inspiration religieuse peint par l’un des artistes les plus énigmatiques de l’histoire. À gauche, c'est Adam et Eve, dans le paradis terrestre (l’Eden). Des animaux fabuleux, un paysage sans humains, l’Arbre de la Connaissance. Du minéral, du végétal et de l’animal dans une atmosphère merveilleuse et fantastique soulignée par les nuances tendres et claires du vert, du bleu, du jaune et de l'ocre. Au centre, un jardin insolite et délicieux où les enfants d’Adam et Eve, les hommes, se laissent aller au péché dans un décor surnaturel. Apologie ou condamnation des plaisirs charnels ? Les avis divergent... Picturalement, on assiste à une explosion de couleurs, une illustration prodigieuse du paradis artificiel où tout est calme et volupté. Certains détails, comme les fruits et les oiseaux, d’une taille disproportionnée, soulignent que la situation n’est pas naturelle et résulte... du péché. Le panneau de droite montre les tourments de l’enfer. Un lieu où le pécheur peut expier, c’est-à-dire subir un châtiment en contrepartie de ses fautes, en compagnie de créatures diaboliques. La scène est maintenue dans les couleurs sombres et froides du noir bleuté et du gris. Cette œuvre peinte avec finesse et humour apparait comme une mise en garde contre le vice. Très pessimiste, elle reflète l’inquiétude d’une période en proie aux troubles sociaux et politiques et révèle certaines angoisses et superstitions. Une multitude d’obsessions et de symboles infernaux, mystiques, alchimiques y prolifèrent. Au-delà de l’opposition du bien et du mal, ce tableau est surtout pour Bosch un moyen de mettre en image la profusion de son imagination délirante et d’emmener le spectateur dans son monde fantasmé, entre horreur et beauté, rêve et cauchemar.

Francisco de Zurbarán ::: Agnus Dei ::: Real Academia de Bellas Artes de San Fernando

Francisco de Zurbarán ::: Agnus Dei ::: Real Academia de Bellas Artes de San Fernando

Francisco de Zurbarán ::: Agnus Dei ::: 1639 ::: huile sur toile, 47x55cm ::: Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, Madrid Le Prado en a un. Zurbarán en a fait six versions, qui diffèrent peu. Les commandes pleuvaient... Le Gouvernement de Catalogne a déclaré la sienne "bien d'intérêt national". Celui-ci, c'est celui de l'Académie des Beaux-Arts de Madrid, un "petit" musée qui possède une collection qui dans une autre ville attirerait des millions de visiteurs, mais ici, c'est Madrid et à Madrid, il y a le Prado. L'Agneau de Dieu, qui fait allusion au sacrifice du Christ pour sauver l'humanité, est une image de dévotion très courante dans l’Espagne du 17° siècle. Les prophètes Isaïe et Jérémie nous ont dit que le serviteur de Dieu, muet et sans défense, était mené à ses bourreaux "comme un agneau à la boucherie". L'agneau peint par Zurbarán accepte son destin sans crispation, dans le calme. Le contraste entre les pattes attachées, qui ne laissent aucun doute sur l'issue, et la douceur du visage qui consent, en est d'autant plus bouleversant. C'est une représentation très naturaliste de la part d'un artiste baroque. Attaché par les pattes, il repose sur une table. Rien d'autre. Pas le moindre élément anecdotique. Aucune indication qui nous permettrait de situer la scène. Zurbarán est en pleine possession de sa technique, il a atteint la maturité esthétique. La simplicité de la composition, l'économie de moyens, le parfait équilibre du noir et des gris, la sensation de quiétude transmise sont remarquables. Peintre du siècle d'or, Zurbarán est le maître du baroque sévillan. Il s’illustre dans la peinture religieuse. Son art se révèle d’une grande puissance visuelle et d’un mysticisme profond. Picasso disait de lui : "El Greco excepté, et peut-être Velázquez, dont il est l'égal, sinon supérieur, Zurbarán dépasse tous les autres peintres espagnols." #chefdœuvres

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