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Arroyo ::: Les quatre dictateurs éventrés ::: Museo Reina Sofía

Mis à jour : mars 20


Eduardo Arroyo ::: Les quatre dictateurs éventrés ::: 1963 ::: huile sur toile en 4 panneaux, 235x560cm ::: Museo Reina Sofía, Madrid

Quand elle est présentée à la troisième Biennale de Paris en 1963, cette série de portraits de dictateurs (Mussolini, Hitler, Salazar et Franco) provoque la protestation du Gouvernement espagnol. C'est que, même si les deux premiers sont morts, Arroyo fait tout pour que les tyrans vivants se reconnaissent, jusqu'à accrocher leurs drapeaux en arrière-plan.

Mais l’exposition est une manifestation officielle de la France… Et le Gouvernement ne tient pas à déclencher les hostilités avec l’Espagne. André Malraux, président de la Biennale, cède donc sous la pression de l’ambassade. Mais il limite la censure à la dissimulation des drapeaux...

Le terme "éventré" du titre n’est pas dû au hasard ! Les corps des quatre hommes sont grotesques, vidés d’âme, de visage et de cœur. En tant qu’artiste de la Figuration Narrative, Arroyo transforme l’art en outil de contestation politique. À la place de leurs visages, Arroyo évoque les pires crimes qu'ils ont commis. Hitler est couronné de barbelés, Salazar est caractérisé par les horreurs coloniales.

Eduardo Arroyo, peintre et scénographe espagnol, critique la dernière étape du régime franquiste. Il a quitté l’Espagne en 1958 et en sera banni en 1974. Il ne récupérera son passeport qu'à la mort du Generalife en 1976.

Il est la figure de proue de la Figuration Narrative et de la Nouvelle Figuration espagnole, qui se développe au début des années 1960, en opposition à l'abstraction et aux mouvements contemporains du Nouveau Réalisme et du Pop Art, auquel elle est néanmoins associée (c'est compliqué...)

Son style se caractérise par une absence de profondeur et une perspective frontale en aplat. L’image est ponctuée d’allégories connectées entre elles comme une légende. Elles sont représentées sur une superficie aux couleurs unies, un procédé qui identifie l’auteur et appuie l’idée que l’Espagne constitue le thème central de son iconographie.

Arroyo a été l’un des principaux artistes contestataires du franquisme. Son succès critique ne fut pas immédiat dans son propre pays, où il était considéré comme un paria par le régime. Mais il recevra en 1982 le Prix national d’arts plastiques, comme réparation de son éloignement forcé.

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