gran via alcala.JPG

Gran Vía et rue d'Alcalá

Deux des rues les plus emblématiques de Madrid. Centrales, élégantes, démesurées. Elles sont à l'image de ce que projetaient pour Madrid leurs promoteurs respectifs : en faire la capitale d'Espagne pour les premiers, les Habsbourg, qui en perçant la calle de Alcalá voulaient notamment une ligne directe vers l'Aragon; moderniser une ville aux allures encore trop médiévales pour les rois et les gouvernements successifs qui, dans la deuxième moitié du 19° siècle, ont décidé des grands travaux d'urbanisme qui ont transformé sa physionomie.

gran via.JPG

gran vía

Gran Vía, une des avenues emblématiques de Madrid. C'est Broadway, les Champs-Élysées. Une large et longue artère qui traverse le cœur de la ville, bordée de théâtres, de cinémas, de boutiques - de moins en moins chiques - et de bâtiments aussi splendides qu'impressionnants. 

Elle a été percée entre 1910 et 1931, elle marque  le début de la modernisation de la capitale, avec la construction des premiers gratte-ciels et l'apparition des courants architecturaux du moment, venus des États-Unis.  

Il s'agissait de décongestionner le centre ville, un entrelacs de ruelles chaotique. Un projet hausmannien tardif. 

Récemment, les trottoirs ont été élargis et la circulation fortement réduite, et ça a redonné un peu de charme à cette majestueuse "Grand'Rue." Si la circulation (automobile) semble maitrisée, Gran Vía reste une ruche grouillant de milliers de passants en permanence. Mais des points de vue historique et artistique, la balade est indispensable. 

calle de Alcalá

Calle deAlcalá

La calle de Alcalà est une des plus anciennes rues de Madrid. Elle remonte aux Habsbourg. Elle menait à Alcalá de Henares, au nord-est de Madrid. Et était la porte vers l'Aragon. Quand Madrid devient capitale d'Espagne, il y a très vite pénurie de logements (de toutes classes) et de nombreux aristocrates la choisissent pour y construire leur demeure. 

En 1983, un incendie dans une discothèque au numéro 20 de la rue fait 81 morts.

Depuis la Puerta del Sol, elle traverse la ville sur 10 km. Même si c'est sa partie centrale qui nous retient tout d'abord (avec plusieurs musées, des édifices et des églises magnifiques...), elle vaut largement la peine de parcourir ses km. Après la Puerta de Alcalá, elle borde le parc du Retiro, traverse le quartier d'Ibiza et ses excellents restaurants, la chique Salamanca et ses boutiques,  les splendides arènes de La Ventas, la Quinta de los Molinos, un parc méconnu qui vaut surtout le détour lorsque les amandiers sont en fleur.

madrid-architecture-edificio-metropolis_edited.jpg

Edificio Metropolis

Celui-ci, on l'adore ! Avec son ange, il nous avait fait de l'œil dans un film d'Almodóvar, dans les années 80...

Conçu en 1911 par Jules et Raymond Février pour la compagnie d'assurance Union Phoenix, sur un terrain libéré par le percement de la Gran Vía.

Le rez est assez simple mais pour les étages, on hésitait entre des colonnes, des statues (allégories du Commerce, de l'Agriculture, de l'Industrie, des Mines), un dôme en marqueterie or et ardoise et un phénix de bronze pour la cerise. Et comme on était en plein délire de triomphe de tout, on a tout pris ! Dans les années 70, la société a vendu le bâtiment à l'assureur Metropolis. La statue a été remplacée par une autre, qui représente la Victoria ailée.

croisement Calle de Alcalá  et Gran Vía

Telefónica

Edificio Telefónica

D'un peu partout à Madrid, on peut voir son horloge monumentale, qui s'éclaire d'un bleu velouté à la tombée de la nuit.

Sa hauteur de 90 mètres et son architecture inspirée des skyscrapers new-yorkais en font le premier gratte-ciel d'Europe.

C'est le siège de la fameuse compagnie du téléphone des Demoiselles du téléphone produit par Netflix. 

Aujourd'hui, le superbe building héberge l' Espacio Fundación Telefónica, centre culturel consacré à l'avant-garde artistique et technologique. 

Image de Fran Velasco

Immeuble Carrión

Aussi appelé "Building Schweppes", cet élégant immeuble Art Déco de 14 étages, construit entre 1931 et 1933 par deux jeunes architectes qui lui ont imprimé toute leur audace, est un phare dans l'avenue la plus courue de la capitale, la Gran Vía.

Il est haut de 54 mètres. Sa forme rappelle celle du Flat Iron de New York, son design avant-gardiste évoque l'expressionnisme allemand. Sa tour de quatre étages, imaginée dès l'origine comme support de placards publicitaires lumineux, se détache du ciel de Madrid. Il faut le voir la nuit...

gran vía

Hotel Las Letras

En 1915, le comte d'Artaza fait construire par l'architecte Cesáreo Iradier un complexe d'appartements avec rez commercial, profitant du percement de la Gran Vía. Le bâtiment, érigé dans le pur style neoplateresque en vogue en Espagne au début du siècle dernier, sera primé comme une des plus belles réussites de 1917. 

Aujourd'hui, après une rénovation menée en 2005 par les architectes Virginia Figueras et Franco Corada, il abrite l'Hôtel de las Letras, et un excellent bar-restaurant, Claveles.

Edificio España

Edificio España

Situé à l'extrémité ouest de Gran Vía, l'hôtel Riú domine depuis 1953 une place d'Espagne complètement transformée en 2021. Ce gratte-ciel prétentieux offre à 117 mètres d'altitude une vue extraordinaire sur la ville.

 

En plein courant international, les architectes Julián et José María Otamendi ont opté pour un building néo-classique - avec un milieu de façade baroque - de béton armé, briques et pierre calcaire.

Edificio España

Edificio España

Situé à l'extrémité ouest de Gran Vía, l'hôtel Riú domine depuis 1953 une place d'Espagne complètement transformée en 2021. Ce gratte-ciel prétentieux offre à 117 mètres d'altitude une vue extraordinaire sur la ville.

 

En plein courant international, les architectes Julián et José María Otamendi ont opté pour un building néo-classique - avec un milieu de façade baroque - de béton armé, briques et pierre calcaire.

Église des Calatravas

Église des Calatravas

De l’ancien monastère royal de la Conception, ou "Comendadoras de Calatrava", il ne reste que cette splendide église, construite entre 1670 et 1678 selon les plans de Fray Lorenzo de San Nicolás.

Une coupole monumentale et un beau retable dans la grande chapelle, des sculptures de Pablo González Velázquez. La façade a été modifiée par l’application d’une couleur de terre cuite, et l’introduction de motifs ornementaux néo-Renaissance, inspirés de l’architecture milanaise, tels que la rosace du corps central.

c/ Alcalá 25, Madrid

San Jose.JPG

Eglise San José

Cette église signée Pedro de Ribera, José de Arredondo et Fausto Manso, typique du baroque madrilène, a pris la place en 1748 d'un édifice primitif démoli au début du 18°. Sur la façade, une niche centrale avec une statue de Notre-Dame-du-Mont-Carmel exécutée par le français Robert Michel.

En 1836, les religieux carmélites furent expulsés et le couvent et le temple se retrouvèrent vides. Le couvent fut démoli pour laisser la place au théâtre Apolo, puis au bâtiment du Banco de Vizcaya. Et l'église devint le siège de la paroisse de San José.

La façade originale a été modifiée en 1912 par l'architecte Juan Moya Idígoras, qui l'a agrandie pour l'adapter aux proportions du presbytère voisin, construit à l'occasion de l'ouverture de l'avenue Gran Vía.

institut cervantes

Institut Cervantes | les Cariatides

Antonio Palacios et Joaquín Otamendi signent ici une de leurs plus belles œuvres, avec la Banco Español del Río de la Plata, dans ce style grandiose et monumental qui intègre les ordres classiques et de grandes surfaces de verre.

À l'entrée un impressionnant groupe de cariatides souligne l'aspect monumental, déjà plus qu'assumé. Et qui a d'ailleurs convaincu les autorités de décerner un permis de bâtir, dans un premier temps refusé à cause du dépassement en hauteur (25 mètres au lieu des 18 autorisés).

C'est l'Institut Cervantes qui loge aujourd'hui dans ce palais.

c/ Alcalá 49

madrid-circulo-bellas-artes_edited.jpg

Círculo de Bellas Artes

Ce bâtiment est magnifique, une excentricité art déco terminée en 1926 par l'architecte Antonio Palacios. Expos, spectacles, conférences... une pièce maîtresse de la vie culturelle madrilène.

Au rez, un bar renversant, presque intimidant dans sa majesté, la sculpture merveilleuse de Moisés de Huerta, El Salto de Léucade.

Et sur le toit, une terrasse avec vue sur Madrid, resto et bar compris... Clientèle un peu bling-bling.

c/ Alcalá 42, Madrid 

Four Seasons

Palais de La Equitativa

Longtemps ce bloc a été un chancre, en plein centre ville. Jusqu'à ce que la chaine hôtelière Four Seasons en fasse un hotel de luxe. La rénovation extérieure est spectaculairement réussie, l'intérieur a été complètement vidé et reconstruit. Aujourd'hui, il abrite plusieurs restaurants, un hôtel et des appartements.

Ce somptueux édifice fut construit entre 1887 et 1891 par l'architecte José Grases Riera pour une compagnie d'assurances, La Equitativa. De 1920 à 2004, il sera le siège de la banque Banesto, puis sera abandonné.... En 2012, il est reconnu "héritage culturel". Plusieurs restaurants, une galerie commerçante, un toit-terrasse.

leucade.jpeg

Le Saut de Léucade

La mythologie grecque nous raconte que, pour se guérir d'un mal d'amour, on se jetait dans la mer du haut d'une falaise, sur l'île de Leucade. Si on ne mourait pas, on était guéri de son amour.

Le saut de Léucade, du sculpteur Moisés de Huerta, a fini par atterrir, en 1930, dans le somptueux bar-resto du Círculo de Bellas Artes, La Pecera.

Une adolescente entre la vie et la mort, qui semble se fondre dans la pierre. C'est Sapho, qui a plongé après un chagrin d'amour. 

Entrez et demandez gentiment à voir la sculpture, si vous vous y prenez bien, on vous laissera passer. Et si ça vous plait, prenez un café !

La Pecera, calle de Alcalá 42, Madrid  

real academia san fernando

Académie San Fernando

Dans la collection de 1400 peintures, 1300 sculptures et 15.000 dessins, il y a des chefs-d'œuvre des écoles espagnole, italienne, flamande. Et des estampes, des meubles, des pièces d'orfèvrerie, de porcelaine, des tapis, etc.
Cinq siècles et de nombreuses écoles pour un parcours complet dans l'histoire de l'art de la Renaissance aux dernières tendances de l'art contemporain. Cinquante-neuf salles sur trois étages d'un splendide bâtiment, des chefs-d'œuvre de l'art espagnol, italien et flamand...
Goya est un des membres illustres de cette école, le musée conserve treize de ses peintures, dont deux autoportraits, et le célèbre et magnifique "Enterrement de la sardine". 
S'y trouvent aussi l'Agnus Dei de Zurbarán, une Marie Madeleine de Ribera, le seul Arcimboldo conservé en Espagne; Les Vieux de Rubens, plusieurs tableaux de l'impressionniste espagnol Sorolla, des Juan Gris, une Tête de femme (sculpture) de Picasso...