SAN TELMO

BUENOS AIRES

entre deux tangos

C'est ici que serait né le tango, ou juste à côté, dans le quartier de La Boca, devenu un triste parc à thèmes... En tous cas, Carlos Gardel est présent partout et des milongas s'improvisent régulièrement sur les placettes. San Telmo, c'est une toute petite partie de la partie sud de cette immense ville, et c'est sa première pierre, abandonnée par les riches qui ont dû fuir la fièvre jaune à la fin du 19° siècle pour s'installer loin de l'eau, vers le nord.

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Dans ses rues couvertes de pavés, brocanteurs et antiquaires installent un marché aux puces tous les dimanches, et le quartier prend vie, autour de la jolie place Dorrego. En semaine, c'est calme et bon enfant, populaire et snob, familial et punk (à chiens).

 

Le bâti, ancien et coloré, de type colonial avec quelques aberrations, est mal en point... Pourtant, San Telmo est une des rares zones où le patrimoine est conservé, dans cette mégapole qui n'a jamais cessé de se métamorphoser, au gré des caprices des dictateurs. Il y a le marché couvert. Il y une autoroute qui plonge dans un pâté de maisons. Il y a un parc. De très belles églises, des musées et une concentration de boutiques d'antiquités, des restos et des bars, pas mal de touristes venus humer l'air vintage.

Plaza Dorego

C'est le centre du quartier. Géographiquement et socialement. La Plaza Dorrego a été déclarée Lieu Historique National, c'est la plus ancienne de la ville, après la Plaza de Mayo. Elle constitue une des principales promenades à pied à Buenos Aires.

Aux alentours de la place on trouve des boutiques d’antiquaires, des restaurants, des cafés typiquement porteños, des pubs qui sont fréquentés jour et nuit.

Feria de San Telmo

Tous les dimanches, un grand marché s'installe dans le centre du quartier, autour de la plaza Dorrego : la Feria de San Telmo. Antiquités, argenterie, cristal, porcelaine, cartes postales, meubles et objets en tout genre, vêtements, artisanat...  La Feria de San Telmo reçoit plus de dix mille visiteurs chaque semaine, qui croisent autour de 270 étalages. C'est une foire traditionnelle, elle attire les familles nombreuses comme les hipsters. Elle est animée par des danseurs de tango, des musiciens folkloriques, des mimes...​ 

église danoise

L’Iglesia Dinamarquesa est un temple protestant luthérien. Un édifice étonnant pour le quartier... construit par les architectes Rönnow, Bisgaard et Nielsen en 1931. 

Une façade de style néo-gothique de facture très nordique : cotés échelonnés culminant en une tour qui essaie de toucher le ciel. 

Le dedans vaut l'entrée, pour ses magnifiques lustres (venus du Danemark). 

calle Carlos Calvo 257

ÉGLISENUESTRA SEñORA DE BELéN

Un beau mélange de styles : néo-classique, baroque (statues et colonnes torses) et post-colonial, qu'on doit aux nombreux ravalements qu'a subis cette église, après sa primo-construction en 1734, selon les plans d'un père jésuite, Andrea Bianchi. (ou Andrés Blanchi). 

Elle est magnifique, et c'est une des plus anciennes de la ville. 

Au-dessus du fronton, c'est San Pedro González Telmo, celui qui a donné son nom au quartier. Un dôme assez simple, ajouté 70 ans après la construction. Et des azulejos sur le clocher, pour rappeler l'Espagne.

Au plafond, cherchez la colombe (symbole du Saint-Esprit) et l'ange, œuvre des missions jésuites, tout en bois sculpté et couvert d'or.

calle Humberto I° 240

église orthodoxe russe

Une des plus belles églises de Buenos Aires et sans doute une des plus inattendues... Ses cinq bulbes turquoises sont splendides, presque cachés par les immeubles collés aux côtés de l'édifice, assez modeste.

Elle fut la première église orthodoxe construite en Amérique du Sud, en 1904. Elle est de style moscovite du 17° siècle. 

Voir la mosaïque vénitienne, fabriquée à Saint Petersbourg, représentant la Sainte Trinité. 

avenida de Brasil 315, Buenos Aires

mercado de San Telmo

Une structure métallique à la Eiffel. Construit en 1897 par l'architecte Juan Buschiazzo, et toujours bien vivant, le marché couvert de San Telmo est un des joyaux de cette ville. On y trouve encore quelques bouchers, un boulanger et des échoppes de primeurs au milieu des antiquaires et de comptoirs qui servent un très bon café aux bobos et aux touristes.

croisement des rues Bolívar et Carlos Calvo

Pasaje de la Defensa

Un de ces trucs étonnants qu'on ne trouve que dans les villes qui ont arrêté d'être riches... Un ancien palais colonial construit en 1880, transformé en galerie bobo. Tout y est sauf le lustre... Le bâtiment est un peu vérolé, il ne faudrait sans doute pas grand chose pour le ranimer. Mais pour l'heure, ses nouveaux occupants, des commerçants, brocanteurs, galeristes, cafetiers, ont le mérite de l'ouvrir au public. Des boutiques autour d'un agréable patio, sur deux étages. 

calle Defensa 1179, Buenos Aires

musée d'art moderne

Un musée un peu marginal, pas très grand, mais franchement étonnant et plus qu'intéressant. Le Moderne a été crée en 1856 mais ce n'est qu'en 1986 qu'il s'est installé dans l’établissement actuel, qui hébergeait à l’origine la fabrique de cigarettes Piccardo.

La collection : 7000 œuvres d’artistes argentins et d'ailleurs des années 1920 à aujourd'hui. Pettoruti, Curatella Manes, Xul Solar, Antonio Seguí mais aussi Picasso, Dalí, Miró, Mondrian, Kandinsky, Delaunay, Beuys... 

avenida San Juan 350, Buenos Aires

parc Lezama

Au sud-ouest du quartier, un joli jardin public. 

Des sculptures, dont le monument à Pedro de Mendoza (photo), fondateur de la ville, un amphithéâtre un peu lépreux, une gloriette, de très beaux arbres, dont quelques essences exotiques, une fontaine... Des gamins qui jouent au ballon, des siesteurs, des vieux assis sur les bancs, des amoureux qui s'embrassent.

Face au parc, l'église russe, les bars Británico et Hipopótamo, le Musée historique national.

club atlético

Des salles de tortures de Videla se cachaient derrière le "club athlétique" de Buenos Aires, un des nombreux centres de détention clandestins du régime, un des instruments du plan Condor qui visa, entre 1976 et 1983, à éliminer les "éléments subversifs" dans les dictatures sud-américaines.

Il ne reste presque rien de ce lieu de cris et d'horreurs. Selon les témoignages d'anciens détenus, entre 1500 et 1800 hommes et femmes y ont séjourné, y ont été torturés, y ont "disparu". 

En 1977, le bâtiment a été rasé pour faire place à une bretelle d'autoroute. Les salles de torture, souterraines, sont encore plus ou moins visibles, sous le viaduc. Des travaux d'archéologie sont toujours en cours, et il est possible de visiter les restes de ce qui aurait pu devenir un digne et utile mémorial.

THéÂTRE MARGARITA XIRGU

Federico Garcia Lorca a dirigé ses propres pièces sur la scène de ce beau théâtre, qui porte le nom d'une actrice catalane exilée durant le franquisme.

Le bâtiment, un superbe geste néogothique et moderniste, rappelle la Catalogne dans ses moindres détails. Il est d'ailleurs le siège d'un centre culturel catalan très actif qui programme opéra, théâtre, musique, danse...

calle Chacabuco 875, Buenos Aires

Eureka

Planquée sous le viaduc de la Plata (cette autoroute qui déboule en plein quartier), une superbe boutique qui ne vend que des vinyles, de toutes les couleurs, de toutes les époques, de tous les pays. 

Le patron, très sympa, s'y connait vraiment en musique, en éditions spéciales, en labels indépendants... On vient de toute la ville pour sa collection de raretés.

calle Defensa 1281, Buenos Aires

Maria Jazmin

On n'a jamais eu de problème avec le kitsch, et question kitsch, l'univers du tango peut faire fort... Maria Jazmin, c'est plus qu'une boutique, c'est un atelier dans lequel tout est possible, du moment qu'on respecte les codes du tango. Et nous, on est restés comme des dragqueens punies devant la vitrine... avant d'entrer, juste pour se faire encore plus mal !

Humberto Primo 578, Buenos Aires

AA

On n'est pas sûrs du nom de cette boutique incroyable qui aligne (ou entasse) des milliers de : revues, autocollants, images, bouteilles vides, disques, figurines, photos, cartes postales, porte-clefs, gadgets publicitaires... Les fans d'images, de graphisme, de design, de vintage et d'autres vieilleries vont adorer ! 

calle Defensa 1251, Buenos Aires

La Julieta

La Julieta, c'est un resto de quartier qui a pris des couleurs ! Une atmosphère cantine de collègues ou un spot idéal pour déjeuner en paix. Tout est très bon et c'est pour ça qu'on y va presque tous les jours, pour le petit déjeuner ou le brunch.

calle Defensa 1386, Buenos Aires

Hierba buena

Encore un resto-épicerie. Et boulangerie. C'est courant à Buenos Aires. Celui-ci est bio et propose une belle carte végétarienne, mais aussi du saumon (une sorte d'animal). Smoothies, sandwiches, salades, très bons petits déjeuners et brunches le week-end.

Les serveurs sont très beaux !

avenida Caseros 454, San Telmo, Buenos Aires

Naturaleza Sabia

Un vrai végétarien ! Carte complète, plats équilibrés, les classiques du genre et quelques trouvailles.

Quelques bons vins et une limonade fameuse.

Le service est très sympa, c'est plutôt les clients qui ne sont pas très drôles. (C'est souvent le cas dans les restaurants végétariens...)

calle Balcarce 958, Buenos Aires

El Refuerzo

Notre restaurant préféré à Buenos Aires. Une salle minuscule, seulement quatre plats à la carte, qui n'est pas végétarienne, mais le chef réussit toujours à s'adapter, avec goût et créativité ! De ces pâtes ! 

Autour de quelques touristes, la clientèle bobo du quartier a l'air d'apprécier le décor et l'ambiance amicale qui règne dans ce généreux endroit.

Chacabuco 872, Buenos Aires 

Yauss

Trois ou quatre tables, une carte simple de très bonnes tapas, crêpes, salades : tout est fait maison ! Yauss est un resto-bar-épicerie. Dans la veine alternative, plutôt jeune, un peu branché. L'endroit est aussi joliment décoré qu'agréable, comme le personnel (joli et agréable). Un mention pour le patron, qui sait animer ses clients... C'est un de nos points de chute, pour déjeuner, pour dîner, pour prendre un verre, pour draguer.

Calle de los Estados Unidos 509, Buenos Aires

Café Plaza Dorego

On y passe des heures, du matin au soir, un livre sur la table ! Des habitués et des touristes, des serveurs en tabliers, Carlos Gardel partout, en photos et dans la playlist, exclusivement composée de tango... Sur les tables et les murs en lambris, des graffitis creusés et patinés, qui datent ce café bien porteño.

Humberto Primo 424 # Defensa, Buenos Aires

Bar Británico

Le Británico est intimement lié à la vie de San Telmo. Quand il ouvre en 1928, des vétérans britanniques de la Première Guerre mondiale vivant à côté en font leur QG. En 1959, il est repris par trois Galiciens qui vont se relayer, toutes les huit heures, pour ne jamais devoir fermer... et attirer, la nuit, la bohème du quartier, et le jour, tous les autres... Et ça va durer jusqu'en 2006.

Aujourd'hui, le nouvel exploitant perpétue la tradition en ne fermant jamais et en servant une cuisine tout juste mangeable.

Mais ce beau bar est un must, pour l'ambiance, pour la convivialité qui y règne, pour le décor pur jus, pour la simplicité. 

avenida de Brasil 399 (# Defensa)

Et Tasso

Ce club de tango propose des concerts de grande qualité, avec des musiciens reconnus, voire prestigieux.

Les personnalités du tango argentin y ont toutes passé au moins une nuit : Leopoldo Federico, Horacio Salgán, Mariano Mores, Alberto Castillo, Rubén Juárez,  le Sexteto Mayor... 

En 20 ans, El Tasso est devenu une référence d'excellence même si le domaine appartient toujours à la culture populaire de Buenos Aires.

calle Defensa 1575, Buenos Aires

Bar Sur

u début, c'était un bar populaire où s'improvisaient des milongas. Aujourd'hui, tout est beaucoup plus lisse mais la qualité n'est pas partie. Le Bar Sur, c'est une dizaine de tables et d'excellents musiciens. N'y allez pas pour le dîner, c'est cher et pas vraiment terrible. Essayez plus tard, et n'ayez pas peur de rentrer au petit matin ! 

calle de los Estados Unidos 299, Buenos Aires

CONTACT

Vincent & Vincent

 

onpeutaussilefairecommeca@gmail.com

Tel : #32 496 25 69 38